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Le privé américain de la grande époque par Reardon

Le privé américain de la grande époque



Naissance d’un genre

« Le roman noir se distingue du roman policier par le chemin qui mène le lecteur du crime à l'assassin. Le roman policier classique débute par un crime et le lecteur cherche à connaître l'identité du criminel. Le roman noir débute par une situation dans laquelle un criminel va évoluer jusqu'au crime. Un roman noir peut même être dépourvu de crime. » (Wikipédia)
C’est par le biais de ce genre littéraire qu’apparaît dans les années 30 aux Etats-Unis, un nouvel archétype social, le détective privé : il se nommera Continental Op ou Sam Spade dans l’œuvre de Dashiell Hammett, Philip Marlowe dans celle de Raymond Chandler.

Dashiell Hammett (1894-1961)
Hammett publie ses premières nouvelles (The Parthian Shot) en 1922 dans des fascicules bon marché et à forte audience, les 'pulps', du nom du papier d’imprimerie de très mauvaise qualité qui leur sert de support. En 1923, l’un de ces pulps, Black Mask, accepte sa nouvelle Arson Plus. Hammett en devient l’une des valeurs sures et c’est Black Mask qui édite en feuilleton à partir de novembre 1927 son premier roman : La Moisson rouge (Red Harvest) ; suivront Sang Maudit (The Dain Curse) en novembre 1928, Le Faucon maltais en septembre 1929 et La Clé de verre en mars 1930. Ces œuvres seront éditées sous forme livresque de 1929 à 1931 et paraîtront en France dans la Série Noire à partir de 1949.

Raymond Chandler (1888-1959)
Hammett a sorti le crime du vase vénitien et l’a laissé tomber dans la rue.’ (Chandler)
C’est en lisant des pulps et notamment Black Mask que Raymond Chandler qui a tout perdu lors de la crise de 1929 et a multiplié les petits boulots pour survivre, est pris du désir d’écrire. Il contacte Black Mask qui en 1933 publie sa première nouvelle Blackmailers don’t shoot. Jusqu’en 1938, il en écrit une douzaine d’autres ; en 1939 paraît son premier roman Le Grand Sommeil (The Big Sleep) dont le personnage central est un détective privé de Los Angeles, Philip Marlowe. Marlowe sera présent dans tous les autres romans de Chandler : Adieu ma jolie (Farewell, My Lovely ,1940), La Grande fenêtre (The High Window ,1942), La Dame du lac (The Lady in the Lake ,1943), Fais pas ta rosière (The Little Sister ,1949), Sur un air de navaja (The Long Goodbye ,1954), Charade pour écroulés (Playback ,1958) ainsi que dans The Poodle Springs Story,1959 (inachevé) et dans une nouvelle posthume The Pencil (La dernière affaire de Philip Marlowe, 1960).

Contexte historique
Pendant la Grande Dépression, cette époque historiquement aussi emblématique que l’ont été la Conquête de l’ouest et la Ruée vers l’or au siècle précédent, qui succède au krach boursier de 1929 dont les Etats-Unis mettront 25 ans à se remettre, quand la misère affecte aussi bien la paysannerie ruinée et contrainte à quitter ses terres pour émigrer vers la Californie (Steinbeck) que le monde ouvrier où le chômage ne cesse d’augmenter renforçant la délinquance au quotidien (Faulkner), qui en adoptant en 1933 le 21e amendement de la Constitution sonne le glas de la Prohibition durant laquelle la pègre structurée sur le modèle des entreprises s’est érigée parfois en véritable lobby pour mieux s’engraisser mais se retrouve brutalement dans l’obligation de créer ou de consolider ses nouvelles filières, dans un pays instable qui se cherche encore, apparaît une figure rédemptrice qui deviendra l’un des caractères essentiels de la mythologie américaine : le détective privé.

Par son entremise, Hammett et de Chandler vont s’employer à dénoncer ‘une société corrompue où les criminels copient la fausse respectabilité des classes dominantes qui elles-mêmes appliquent des méthodes identiques au gangstérisme.’(Mesplède-Schléret)





Portrait d’un standard
Le Privé américain des années 30-50, ‘successeur mythique du justicier errant et solitaire de la Prairie du 19ème’ est un individu blasé, incorruptible, à l’humour dévastateur, ‘qui se lance à la recherche d’une vérité dissimulée mais est de taille à vivre l’aventure dans laquelle il plonge’.
S’il s’articule primitivement autour de trois pôles stéréotypés ‘boire, tuer, séduire’, les romans de Chandler, les personnages qu’incarneront Bogart et Mitchum au cinéma et quelques grands jeux d’aventure contribueront à en étoffer le caractère. Amateur de femmes mais ennemi de la vie conjugale, ‘célibataire alors qu’il devrait être marié depuis longtemps’, ne disposant pratiquement jamais d’une secrétaire éperdument folle de lui, il demeure un solitaire exclusivement urbain ; s’il se rend dans les endroits mal famés, les night-club ou les docks pour y rencontrer des prostituées, c’est davantage pour en obtenir des informations que pour la bagatelle.
Coiffé d’un borsalino et vêtu d’un trench-coat, il fréquente également bon nombre d’établissements nocturnes et connaît ceux qui les hantent. Il y soulage sa solitude et son goût prononcé pour le whisky, et s’il boit parfois plus que de raison, on pourrait dire en reprenant les mots de Chandler que ‘comparé aux gens qui fréquentent le Country Club, il est sobre comme un diacre’. Il y rencontre aussi de précieux informateurs avérés ou non.
Doté d’un sens de l’honneur a fleur de peau, le Privé est un fureteur qui ne lâche pas prise avant que l’enquête sur laquelle il a été délégué ait trouvé son terme, même si ses commanditaires lui en intime l’ordre, la quête de la vérité primant les intérêts particuliers. Cela n’est pas sans risque. C’est pourquoi il est armé la plupart du temps ; cependant il fait rarement usage de son arme préférant recourir à ses poings et à défaut à son sens de la répartie où se mêlent beaucoup de cynisme et un rien de provocation.
Parfois ancien flic, il lui arrive de bien s’entendre avec un ou deux de ses anciens collègues, mais la plupart du temps franc-tireur, il se heurte à l'hostilité de la police officielle : de toute façon, sa licence est toujours sur le fil du rasoir. Souvent fauché, persécuté par les usuriers, il décroche de temps en temps le jack pot avec une grosse affaire permettant de renflouer une agence qu’il a lui-même fondée pour en être le seul employé et qui périclite faute de clientèle.

Début d’enquête
C’est dans ce cadre (bureau, office, agence), fréquemment le premier endroit à explorer dans le jeu d’aventure, que le Privé attend que l’affaire se présente : elle prend alors le plus souvent l’apparence d’une somptueuse, ténébreuse, évanescente, irrésistible créature (un autre archétype : celui de la femme fatale) qui vient lui soumettre un cas d’enquête :
- sur une disparition (Hitchcock The Final Cut, Martian Memorandum, The Pandora Directive, Overseer, Private Eye, Une poupée pleine aux as, Discworld Noir)
- ou sur une mort violente : un décès classé comme suicide auquel elle ne croit pas (Mean Street) ou un meurtre pour l’élucidation duquel les autorités ne marquent pas un zèle extraordinaire ; on trouve ce démarrage dans Post Mortem où Sophia Blake vient relancer MacPherson pourtant retiré des affaires pour qu’il enquête sur l’assassinat de sa sœur et de son beau frère.
Il est bien sûr d’autres entrées en matière possibles. En effet, tel qu’il a été défini antérieurement le détective privé est une victime idéale : il boit, son agence ne fonctionne pas. Rien de plus facile alors que de l’assommer quand il sort ivre d’un rade et de l’allonger à côté d’un cadavre : à son réveil, il aura un meurtre à son acquis (Jack Orlando).

L’exposition
La visite de la belle à l’agence n’est pas ou rarement anodine. Son frère ou son amant ont disparu, telle est l’information transmise par la superbe créature :
- dans Private Eye, Philip Marlowe reçoit Orfamay Quest qui n’a plus de nouvelles de son frère Orrin ; dans Une poupée pleine aux as, Scott Angel est engagé par Carol Klein pour retrouver Dan, son frère disparu ; dans Discworld Noir, Carlotta vient demander à Lewton de partir à la recherche de Mundy, son amant ;
Le Privé peut aussi être chargé de retrouver
- un oiseau envolé, fugue ou kidnapping : dans Martian Memorandum, Marshall Alexander, homme d'affaire important demande à Tex Murphy de retrouver sa fille Alexis qui semble avoir fait une fugue, mais n’est pas partie les mains vides ;
- un groupe tout entier : dans Hitchcock The Final Cut, Joseph Shamley est engagé par Alicia, nièce du milliardaire Robert Marvin-Jordan, pour retrouver une équipe de tournage qui semble s’être volatilisée ;
- un scientifique : dans The Pandora Directive, Tex Murphy rencontre Gordon Fitzpatrick qui le charge de retrouver l’un de ces vieux ami disparu, le Dr. Thomas Malloy.
Toutes ces disparitions ont forcément leur part d’ombre. Sous un prétexte sentimental ou s’intégrant parfaitement dans les aléas de la vie, dont il n’est cependant pratiquement jamais dupe, ces affaires dissimulent des compromissions, de mesquins intérêts de caste ou des rivalités indicibles, de gros abcès et de lourds secrets se terrant sous des draps sales que le Privé va devoir soulever.

Une autre dimension
En rupture avec l’intrigue policière classique narrant une enquête sur un meurtre dans le cadre étroit du cercle familial, relationnel ou professionnel, et où l’affectivité a encore souvent un rôle à jouer, l’intrigue ‘noire’ même si elle n’exclut pas ces références en débutant par la recherche d’un être cher, a tôt fait de dévier de cette trajectoire pour mettre en œuvre des protagonistes d’une autre envergure embarqués dans des conflits claniques et territoriaux où la notion d’intérêt, de mobile, n’a plus du tout le même sens : l’enrichissement personnel (amour ou argent) est relégué au profit d’un équilibre social précaire basé sur l’illégalité, construit sur la fraude et le mensonge et qu’un rouage plus faible risque de gripper ou d’anéantir.
Toutes ces enquêtes ont les mêmes prémisses qui conduisent aux mêmes conséquences : le client (la cliente) méconnaît celui qui est engagé, frappe à la porte de l’agence au hasard ou justement parce qu’elle semble en déliquescence, propose un contrat qui semble être routinier et doit se résoudre en une poignée d’heures, prend de toute façon et dans la majorité des cas, le détective privé pour un perdreau de l’année. On compte sur sa compétence ‘ordinaire’, on le paie pour une mission à court terme.
‘On le paye’, le mot est dit car qui dispose de suffisamment de moyens pour s’offrir les services d’un Privé ? Déjà apparaissent les premières distorsions sociales et la mésalliance est consommée : le Privé n’est qu’un employé pour son employeur aisé et doit se comporter comme tel à cette différence près que le Privé est tout sauf un employé : c’est la seconde distorsion : dans les milieux frelatés où l’enquête va le conduire, ce qui fait son originalité, lui permet d’être un homme debout et ce à quoi il doit d’exister encore, à savoir son intégrité, son obstination, son code de l’honneur et quelques autres valeurs morales, ont disparu depuis longtemps.
Aussi dans une enquête que le commanditaire veut présenter comme anodine, le Privé découvre rapidement que celui-ci (celle-ci) a omis (volontairement) des informations d’une importance capitale dissimulant de ce fait les motifs réels qui l’ont amené à prendre contact avec lui. En allant au-delà de ce qui lui est demandé, en cherchant à comprendre le pourquoi du comment, le Privé, transgresseur par essence, va non seulement découvrir très vite qu’on cherche à le manipuler, mais surtout que cette enquête basique qui lui a été confiée n’est que le premier rouage d’une machinerie (et d’une machination) autrement complexe dont il tentera de comprendre et d’explorer les ramifications en exposant sa vie.





La façade et le non-dit
Le jeu vidéo d’aventure mettant en scène un Privé s’écarte à de rares exceptions près (Private Eye, Une poupée pleine aux as, Jack Orlando) du scénario classique pour introduire, tout en préservant l’ambiance, des éléments relevant de la science-fiction ou du fantastique.
Quoi qu’il en soit, la dissimulation demeure l’amorce et la manipulation le ressort de ces scénarios souvent très complexes.
Dans Private Eye (1996), adaptation pure et simple en vidéo game du roman de Chandler : Fais pas ta rosière, Marlowe reste dans un cercle confiné d’intimes en proie à des passions tumultueuses : une starlette d’Hollywood s’est compromise dans un restaurant avec Steelgrave, un chef de gang important de la Côte Ouest et des photos ont été prises. Mavis Weld dont la carrière n’en est qu’à ses balbutiements est la sœur d’Orfamay et d’Orrin et a pour amie et confidente Dolorès Gonzalès. Quant à la photo, datée par un quotidien, elle révèle en outre que Steelgrave qui aurait dû être en prison ce soir là, était parfaitement libre et donc le probable assassin d’un chef de gang rival. Chantage et meurtres ponctueront cette aventure.

Dans Une poupée pleine aux as (1996), quand Scott Angel retrouve la trace de Dan Klein le frère disparu, il découvre que celui-ci ne correspond pas au portrait que sa cliente lui en a brossé, semble impliqué sous le nom de Small dans des délits relativement graves, et constate qu’il n’est pas le seul à la recherche du bonhomme ou des diamants envolés avec lui.
Dans Jack Orlando (2001), en enquêtant pour son propre compte sur l’agression dont il a été victime, Jack parvient à entrer en contact avec des membres de la pègre qui le mèneront très indirectement dans un entrepôt du port où il comprendra mieux pourquoi c’est un major de l’armée qui a été assassiné : le schéma classique surnage révélant la manipulation qui dissimule soit une conspiration, soit un trafic juteux et mafieux impliquant des autorités militaires, judiciaires, politiques ou gouvernementales. Entre la possession de ce que les autres n’ont pas et la tare sur le blason qui doit être tue à tout prix, le Privé évolue en eaux troubles avec une marge de manœuvre restreinte.
Le jeu d’aventure qui s’écarte du discours contestataire des origines se réfugie dans une approche schizophrénique de la réalité en mettant en scène des sectes destructrices et des artefacts miraculeux convoités toutefois par des notables sans principes. Si les mêmes étaient capables d’aller jusqu’au meurtre pour dissimuler quelque tare congénitale risquant si elle était révélée de souiller leur sacro-sainte notoriété, ils deviennent dans nombre de jeux, d’excellents pourvoyeurs d’enquête pour le Privé, dès qu’ils se mettent en tête de s’approprier ou de chercher à récupérer un artefact d’une valeur inestimable, l’alcool des origines ou autres substances de contrebandes illicites ayant perdu toute valeur ludique.
C’est ainsi que dans Martian Memorandum, Marshall Alexander un ponte de l’immobilier sous prétexte de retrouver sa fille, délègue au Privé Murphy la charge de retrouver la Pierre de l’Oracle ; dans Discworld Noir, les nobliaux du Manoir, les von Uberwald détiennent un secret et c’est dans la fameuse scène du baiser que Carlotta confesse à Lewton que Mundy n’était pas son amant, mais un contact chargé de lui apporter l’artefact de Tsorta ; dans Post Mortem, l’enquête initiale de Mac Pherson le conduira à rechercher la Tête de Baphomet, qui assure l'immortalité à celui qui la possède.
Le jeu vidéo d’aventure renoue cependant avec une réalité beaucoup plus contemporaine lorsque le Privé délaissant les affaires de cœur, les compromissions avec le grand banditisme, les détournements de fonds, les affaires de chantage, les vols de bijoux, les rituels initiatiques, les invocations démoniaques, les sectes lovecraftiennes pénètre dans ces nouvelles zones interdites que l’armée classe comme top secret ou secret défense. Evidemment ce n’est plus guère sa place et le Privé fait figure d’homme du passé devant ces menaces futuristes. D’autres archétypes lui ont succédé mieux armés que lui pour faire face à ses nouvelles dérives. Et il n’est guère qu’un Tex Murphy pour oser s’aventurer sur ces territoires que l’armée et la science se disputent.
Dans Mean Streets, repris dans Overseer, Sylvia Linsky (qu’il épousera et de laquelle il se séparera 5 ou 6 ans plus tard) ne croit pas en la thèse officielle qui voudrait que son père un scientifique connu le Dr Carl Linsky se soit jeté du Golden Gate Bridge : après enquête, il découvre que d’autres membres de la communauté scientifique ont connu des morts violentes.
Dans The Pandora Directive, suite à l’incident de Roswell de juillet 1947, un scientifique (un ancien militaire) qui n’ignore rien de la prétendue chute d’un OVNI à proximité de cette bourgade du Nouveau Mexique disparaît, non sans laisser derrière lui six pistes partiellement exploitables.
On le comprend tout de suite : le Privé qui socialement au siècle dernier pouvait dénoncer la collusion entre les milieux d’affaires, la bourgeoisie respectable, la jet-set et la mafia doit tirer sa révérence et céder la place à d’autres héros, formés dans les écoles, qui porteront le nom de Raven ou de Bond et seront plus à même de court-circuiter les milieux scientifiques inféodés aux armées parallèles. Les hommes demeurent, l’Histoire se déplace, le réarmement des dictatures européennes appartient au passé comme pratiquement tout ce à quoi le Privé avait à faire face.





Pour conclure
Le Privé est un homme du passé, les valeurs qu’il incarne sont éternelles.
Les quelques jeux d’aventure qui illustrent son épopée ne s’écartent guère des référents de la littérature noire américaine. Sans faire exactement partie de la même catégorie, mais s’y apparentant par bien des côtés citons encore Blade Runner et Nightlong où la dimension SF futuriste s’écarte trop des standards pour y être totalement assimilée, Grim Fandango, Martin Mystère et Hopkins FBI où cette fois c’est la dimension fantastique qui freine le réalisme imposé, et Black Dahlia auquel j’ai déjà consacré un dossier.

Reardon, Août 2007

Annexe
1) Dossiers en relation
Tex Murphy
Le Dahlia Noir
Sectes et groupuscules malveillants

2) La plupart des citations sont extraites de SN, Voyage au bout de la Noire – C. Mesplède JJ Schléret (Futuropolis, 1982)

3) Jeux survolés
Discworld Noir (1999)
Hitchcock : The Final Cut (2001)
Jack Orlando (2001)
Mean Street (1989)
Martian Memorandum (1991)
The Pandora Directive (1996)
Overseer (1998)
Post Mortem (2002)
Private Eye (1996)
Une poupée pleine aux as (1996)


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